10.05.2012

La citation du jeudi #19

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"[...] parce que nous sommes frères, et même si le Ciel est culbuté et la Terre chavirée, nous resterons frères." p.561

"Et elle poursuivit en disant que les gens comme Li Guangtou sont d'autant plus tyranniques qu'ils sentent qu'on les craint". p.587

"En affaires, c'est comme ça : on a planté des fleurs mais hélas rien ne sort ; et l'arbre non voulu devient, lui, haut et fort."

Brothers, Yu Hua

09.02.2012

La citation du jeudi #18

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"J'appelle une oeuvre habitable, une oeuvre comme celle de Balzac, ou de Dickens, ou de Proust dans laquelle j'entre, je sors. Je suis septuagénaire, je peux dire que depuis 40 ans, et même depuis 50 ans, j'habite Balzac et j'habite Dickens, et j'habite Dostoïevski, et j'habite Tolstoï ; j'y entre et j'en sors tout le temps. Moi je prends un Balzac à chaque instant et je l'ouvre, je prends Proust à chaque instant. J'aime profondément Kafka mais ses livres je les ai lu une fois mais plutôt crever que j'y entrer, je n'ai jamais envie de recommencer un cauchemar, moi j'ai une peur terrible des cauchemars mais ça ne m'empêche pas d'aimer profondément Kafka. Son journal oui, ses lettres oui, tout ce qui est lui, oui, mais ses romans que j'admire je ne les ai lu qu'une fois et je n'y reviendrai jamais !"

 

François Mauriac, vu dans Relecture pour tous, Arte

19.01.2012

La citation du jeudi #17

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Allez voir Chiffonnette si vous ne me croyez pas !

 

Paulette dit : "Maman..." Cela ne signifiait rien. Aucun être humain. Pas l'ombre d'un fantôme. Le mot flottait en l'air et cherchait à habiller un souvenir, une absence. "Maman..." Toute la douceur de l'enfance et tous les mensonge de la vie. Un poignant égoïsme aussi, le chemin montré, il n'y a plus entre nous et le tombeau, ce candidat naturel, cet écran, cette mère qui doit mourir la première. Elle est morte. Ca y est. A nous...

Aragon, Les voyageurs de l'impériale, p.268

 

Il s'agit du moment où Paulette, la femme de Pierre, apprend la mort de sa mère. Elle crit puis s'aperçoit de ce que signifie une mère morte. C'est une scène très dure et pourtant très belle. Pierre est à ce moment là près d'elle, cherchant à la soutenir, mais n'y arrivant pas (encore une preuve de leur distance).

17.11.2011

La citation du jeudi #16

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A présent, les gens lisent des livres subversifs, écrits par des huguenots ou des Anglais. Ou bien ils écrivents des libellés, ou des prétendues sommes scientifiques, où ils mettent en question tout et le reste. Rien de ce qu'on pensait n'est plus vrai, à les entendre ; on a changé tout ça. Voilà que dans un verre d'eau nagerait de toutes petites bestioles qu'on ne voyait pas autrefois ; et il paraît que la syphilis est une maladie tout ce qu'il y a de plus normale et non pas un châtiment de Dieu ; lequel n'aurait pas créé le monde en sept jours, mais en des millions d'années, si du moins c'était bien lui ; les sauvages sont des hommes comme nous ; nos enfants, nous les éduquons de travers ; et la terre n'est plus ronde comme naguère, elle est aplatie en haut et en bas comme un melon - comme si ça avait de l'importance ! Dans tout les domaines, on pose des questions, on farfouille, on cherche, on renifle et on fait des expériences à tort et à travers. Il ne suffit plus de dire ce qui est et comment c'est : il faut maintenant que tout soit prouvé, de préférence par des témoins et des chiffres et je ne sais quelle expérience ridicules. Ces Diderot, d'Alembert, Voltaire, Rousseau, et autres plumitifs dont le nom m'échappe (il y a même parmi eux des gens d'Eglise, et des messieurs de la noblesse !), ils ont réussi ce tour de force de répandre dans toute la société leur inquiétude sournoise, leur joie maligne de n'être satisfaits de rien et d'être mécontents de toute chose en ce monde, bref, l'indescriptible chaos qui règne dans leurs têtes !


Patrick Süskind, Le Parfum, pp. 65-66

10.11.2011

La citation du jeudi #15

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"Tu devrais insister auprès de Mme Worthington pour qu'elle fasse examiner son mari par un neurologue. Je sais qu'il en existe au moins un dans le Maine. Je crois qu'il s'agit de la maladie d'Alzheimer, mais ce n'est qu'une conjecture de ma part."

- La maladie d'Alzheimer ? demanda Olive Worthington.

- Tu veux dire que c'est une maladie - qu'est-ce qu'il a qui ne vas pas ? s'étonna Wally.

Le jour où il accompagna Senior chez le neurologue, Wally pleura dans la voiture. "Je suis désolé, p'pa", dit-il. Mais Senior avait l'air ravi.

Quand le neurologue confirma le diagnostic du Dr Larch, Senior Worthington exulta.

"J'ai une maladie ! " cria-t-il fièrement, et même gaiement. Presque comme si on lui annonçait qu'il venait de guérir - alors que son mal était tout à fait incurable. "J'ai une maladie ." Il en devenait euphorique.

Quel soulagement pour lui - en tout cas, pendant quelques temps - d'apprendre qu'il n'était pas simplement ivrogne. Pour Olive, le soulagement fut si immense qu'elle en pleura sur l'épaule de Wally ; elle étreignit et embrassa Homer avec une énergie que le jeune homme n'avait pas connue depuis qu'il avait quitté les bras de Nurse Angela et de Nurse Edna.

L'oeuvre de Dieu, la part du Diable, John irving, p. 361.

06.10.2011

La citation du jeudi #14

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- [...] Ma très chère Catherine, comment avez-vous occupé votre solitude pendant toute cette matinée ? Avez-vous continué Udolphe ?

- Oui, je n'ai pas cessé de lire depuis mon réveil. J'en suis au voile noir.

- Vraiment ? Comme c'est délicieux ! Oh, je ne vous dirais pour rien au monde ce qui se cache derrière ce voile noir... Ne brûlez-vous pas de le savoir ?

- Oh, si, terriblement ! Qu'est-ce que ça peut bien être ? Mais ne me le dites pas. Je ne voudrais  surtout pas qu'on allât me le dire. Je sais que cela ne peut être qu'un squelette, oui, je suis sûre que c'est le squelette de Laurentina. Oh, ce livre me ravit ! Je voudrais passer ma vie à le lire. Je vous assure que si je n'avais pas eu rendez-vous avec vous, je n'aurais pour rien au monde interrompu ma lecture.

-Chère âme, comme je vous suis obligée !... Et quand vous aurez terminé Udolphe, nous lirons l'Italien ensemble. Je vous ai fait une liste de dix ou douze livres du même genre.

- Vraiment ! Comme je suis heureuse ! Et quels sont-ils ?

- Je vais vous lire tout de suite leurs titres, la liste est là, dans mon carnet... le Château de Wolfenbach, Clermont, Mystérieux Avertissements, le Nécromant de la Forêt-Noire, la Cloche de minuit, l'Orphelin du Rhin, et Horribles Mystères. Cela nous occupera un certain temps.

-Oh, oui, c'est merveilleux... [...]

 

Northanger Abbey, Jane Austen, pp. 40-41

29.09.2011

La citation du jeudi #13

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Plus d'infos chez Chiffonnette !

 

-Pourquoi tant de hâte ? dit le Dr Board. Elle est bien tranquille dans son enveloppe de béton. Une momie en somme.

Wilt n'en était pas si sûr. Avec vingt tonnes de béton sur la tête Judy, qui avait été une poupée fort souple, n'avait pas pu résister à la pression. Elle avait explosé, c'était couru, et la police ne trouverait qu'un bras de poupée vide. Ils ne se donneraient pas la peine de tirer du trou une poupée en morceaux.

-Qui plus est, continuait le directeur des Machines, si le bras dépasse ils pourront relever des empreintes sans attendre.

Wilt eut un sourire en coin. Avec Judy ils auraient du mal à trouver des empreintes. Il finit son café avec plus de plaisir qu'il ne l'avait commencé et partit faire cours aux secrétaires de direction. Elles étaient excitées comme des puces en chaleur.

 

Tom Sharpe, Wilt 1, p.117