15.11.2011

Le Parfum

leparfum.jpgAu XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien.

Or ce monstre de grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers, car "qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes."

C'est son histoire, abominable... et drolatique, qui nous est racontée dans Le parfum, un roman très vite devenu un best-seller mondial, et aujourd'hui porté à l'écran.

Commencé le 06-11-2011

Terminé le 12-11-2011

L'odeur, voilà le maître mot de ce roman. Odeur, dans ce qu'elle regroupe de plus merveilleux et sensuel, mais aussi de plus sordide. Grenouille est un jeune homme extraordinaire, d'abord parce qu'il a survécu à sa naissance et à son enfance là où n'importe quel autre enfant serait mort ; et aussi parce que c'est un "nez". Son talent olfactif est sans pareille et tout son univers n'est composé que d'odeurs. Voilà le personnage que nous présente Patrick Süskind. Le roman se déroule à Paris au XVIIIème siècle, le Paris des marchés, des gens, des égoûts, des parfumeurs, autant d'odeurs que Grenouille enregistre et collectionne. Un jour Grenouille rencontre Giuseppe Baldini, un parfumeur et gantier âgé et en faillite. Il s'apprête à vendre son commerce lorsque Grenouille, apprentis tanneur, lui apporte une livraison et l'époustoufle par ses capacités, auxquelles il a même du mal à croire. Le jeune homme restera chez le parfumeur et l'aidera à retrouver sa réputation. Un jour Baldini meurt dans sa maison lorsque celle-ci s'éffondre, et Grenouille part faire le tour de France pour découvrir de nouvelles odeurs. Grenouille est depuis toujours en quête d'une odeur précise, celle des jeunes femmes rousses, et c'est en quête de cette odeur qu'il commettra des actes monstrueux. Ce roman est un voyage, autour de France et autour du nez. L'auteur nous présente un personnage horrible autant que fascinant, et ne cherche pas à nous le rendre attachant, mais nous aide à le comprendre. Ce roman est étrange, sublime et dérangeant, c'est un coup de coeur.

Patrick Süskind, Le Parfum, histoire d'un meurtrier, Fayard, 1986, 279 pages. Première publication 1985. Traduit de l'Allemand par Bernard Lortholary

 

30.03.2011

La circoncision, Bernhard Schlink

circoncision.jpgCinquante ans après la Seconde Guerre mondiale, Andi, un jeune Allemand, et Sarah, une Juive dont la famille est rescapée d'Auschwitz, tentent de vivre leur amour malgré le poids du passé.

Lu le 30-03-2011

J'ai du mal à trouver les mots, cette nouvelle est excellente. L'écriture est sublime, très agréable. On prend un réel plaisir aux côtés de ce texte.  Le style m'a évoqué marguerite Duras, dans la découpe des phrases. Au delà des mots le problème soulevé, concernant la cohabitation entre les juifs et les allemands contemporains, qui n'ont pas connu la guerre, est très bien abordé. Ce jeune couple mixte permet de soulever des problèmes de tolérance. Notamment les idées reçues sur les allemands, encore aujourd'hui. Ont-ils une facette nazie en eux ? La circoncision, puisque c'est son titre, entre en jeu assez tard. Andi, le jeune allemand chrétien, souhaite se faire circoncire pour se rapprocher de sa femme, mais passe par un chirurgien. Il soulève donc un paradoxe, voulant devenir juif mais refusant "l'humiliation" et "la douleur" du rituel. Lorsqu'il retrouve sa femme, celle-ci ne s'en aperçoit même pas. Bref cette nouvelle est aussi courte que puissante. Elle fait réfléchir et remet en jeu certaines idées reçues.

Bernhard Schlink, La circoncision, Gallimard, Folio, 2011 pour la traduction française, 85 pages. Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary et Robert Simon. 2000 pour la première parution.

01.02.2011

Sur le rêve, Sigmund Freud

surlerêve.gifA la fin de 1899 mais daté de 1900 comme pour marquer un nouveau siècle paraît Die Traumdeutung : c'est le livre du rêve jusque dans sa composition baroque, foisonnante. Un an plus tard paraît ce petit livre-ci, commandé par un éditeur, et dont le propos est bien différent : cette fois, c'est un exposé sur le rêve et qui revêt une forme plus classique, parfois didactique. Comme l'indique Didier Anzieu dans sa préface, la Traumdeutung constituait et constitue toujours une initiation à l'inconscient. Sur le rêve, lui, introduit à la psychanalyse. Y sont énoncés les résultats acquis par une science alors toute nouvelle.
Si l'objet d'étude est ici le rêve, Freud n'entend pas pour autant lui conférer une valeur exceptionnelle. Au contraire il se déprend et déprend tout au long son lecteur d'une « surestimation », romantique ou mystique, qui ferait du rêve le lieu de quelque ascension de l'âme vers l'inconnu. Aussi porte-t-il principalement son attention sur es procédés du « travail du rêve » en les illustrant par de nombreux exemples et en nous engageant à les retrouver à l'œuvre dans d'autres productions de l'inconscient.
Sur le rêve, oui, mais surtout pour l'analyse, pour une méthode.

Commencé le 7-07-10
Terminé le 9-07-10

Lire un texte de Freud peut faire peur, mais en réalité c'est l'un des plus abordable. J'ai trouvé ce texte vraiment clair et accessible.
C'est vraiment intéressant, et très complet, sur l'analyse des rêves, mais surtout sur l'explication de leur mécanisme. Je le conseille pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les rêves. Vous y apprendrez par exemple que le moi accorde créance aux images du rêve pour permettre la poursuite du sommeil.

Sigmund Freud, Sur le rêve, Gallimard