12.05.2012
L'homme qui voulait vivre sa vie
Un poste important, une vaste maison, une femme élégante, un bébé : pour tout le monde, Ben Bradford a réussi.
Pourtant, à ses yeux, rien n'est moins sûr : de son rêve d'enfant - être photographe - il ne reste plus rien. S'il possède les appareils photos les plus perfectionnés, les occasions de s'en servir sont rares. Et le sentiment d'être un imposteur dans sa propre existence est de plus en plus fort...
Alors comment résister à l'appel d'une autre vie quand le destin s'en mêle ?
Je ne me serais pas forcément tournée vers ce roman de moi-même, si ma famille ne m'avait pas encouragée à le faire, chacun y allant de son opinion positive. Ne voulant pas mourir idiote, j'ai lu ce roman de Douglas Kennedy, et aujourd'hui je le dis, ma famille avait raison. D'abord le protagoniste Ben Bradford, avocat renommé de New Croydon, est attachant malgré ses défauts, parce qu'on pourrait se reconnaître en lui dans la mesure où on s'est tous déjà demandé si notre vie nous satisfaisait vraiment. Voilà l'élément déclencheur, Ben se pose cette question, et la réponse est non. Décidant de prendre son destin en main il va user de stratagèmes pour partir et tout quitter, et la chance étant de son côté, ça marche ! Il se retrouve sur la côte ouest des Etats-Unis, dans la peau d'un autre, et entame sa deuxième existence discrètement jusqu'à ce que ses talents de photographe le propulsent au rang de héros national. La peur le prend, lui qui voulait se faire petit devient célèbre sans le vouloir. Oui mais l'amour ayant fait son apparition entre temps, son petit coeur tout mou l'empêche de tout quitter à nouveau. Je n'en dis pas plus, au risque de gâcher tout l'intérêt du roman, mais on se régale du début à la fin, en partie parce que les personnages féminins sont véreux (et nombreux), de la femme adultère, à la femme pathétique en passant par la folle, pas de saine d'esprit par ici, sauf peut-être une (et encore !) ; et que les hommes ne sont pas mieux, manipulateur, lâche, alcoolique, menteur et fourbe, le choix et large. Oui les clichés sur l'Amérique profonde ne seront pas démentis aujourd'hui, et pourtant, c'est bien écrit, c'est intelligent, et c'est drôle.
Douglas Kennedy, L'homme qui voulait vivre sa vie, Pocket, 1997, traduit de l'américain par Bernard Cohen, 496 pages.
07:00 Écrit par Katia dans Littérature USA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Tags : je n'avais pas vu, que l'homme sur la couverture, avait un pistolet, fichtre !
10.12.2011
Lord of scoundrels
Ce roman marquera mes débuts avec mon reader, et mes débuts avec l'auteur ! En ce qui concerne le reader, j'ai pu faire connaissance avec Alfred, qui a une utilisation très simple. Il garde en mémoire la dernière page lue, indique la position dans le roman, et l'écran est génial, bref rien à redire.
Concernant l'auteur, je suis ravie aussi puisque j'ai adoré ce roman. Les personnages sont intéressant et intelligents, le style est drôle et léger. Le couple est évident mais pas si simple puisque pour une fois les personnages ne sont pas émerveillés l'un par l'autre, ils doivent lutter un peu avant le happy end, ce qui est très plaisant. Lord Dain et Jessica, puisque c'est d'eux dont il s'agit, sont sûrs d'eux et ont du caractère. Au départ rien ne laissait penser à un rapprochement, enfin presque. Les moments d'intimité qui prennent de plus en plus de place sont très bien écrits et on ne peut s'empêcher de continuer la lecture pour en savoir plus. L'anglais passe très bien, et on est tellement dans le roman que c'est à peine si on ressent une différence ! L'humour est très présent et honnêtement rien que pour le style on passe un bon moment. J'ai passé un très bon moment de lecture, évidemment, et je conseille ce roman !
Le billet de Pimpi.
Loretta Chase, Lord of scoundrels, HarperCollins e-books, octobre 2009, 384 pages.
Lu en VO
2
12:00 Écrit par Katia dans Challenge Lu en VO, Littérature USA, Romance | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0)
04.11.2011
L'oeuvre de Dieu, la Part du Diable, ou le billet qui marquera mon retour !
Je repasse enfin par ici après plusieurs jours d'absence !
Je pensais ne jamais être concernée par ce que les lecteurs appellent la panne de lecture, mais ce fut pourtant le cas ces dernières semaines !
J'ai en octobre commencé un nouveau roman de John Irving, qui est une valeur sûre pour moi. Je sais qu'en saisissant l'un de ses livres je vais me régaler, mais cette fois-ci j'ai eu beaucoup plus de mal ! Je n'avançais pas, je m'endormais en perdant ma page, je ne suivais plus le fil conducteur, bref ! (Je n'en dis pas plus pour ne pas heurter les lecteurs les plus sensibles !)
Après, savoir si ça vient du roman ou si c'est le hasard...
Pourtant, contre toute attente, j'ai finalement réussi à terminer ce roman ! N'applaudissez pas je vous en prie !
Le docteur Wilbur larch est investi d'une double mission. A l'orphelinat de Saint Cloud's, il réalise "l'oeuvre de Dieu" en mettant au monde des enfants non désirés, mais assure également "la part du Diable", en pratiquant des avortements clandestins. Désireux de transmettre son savoir, il prend sous son aile un jeune orphelin qu'il va initier au métier. Une fresque à la Dickens, drôle et émouvante.
Avec ce roman, John Irving nous plonge dans l'univers de St Cloud's, un orphelinat. Ce dernier se compose d'une partie médicalisée, où les femmes peuvent accoucher ou se faire avorter. C'est là que se trouve la part du Diable. Notre héros est Homer Wells, un orphelin qui ne trouve pas de famille d'accueil. Il va alors trouver un père de substitution en la personne de Wilbur Larch, le médecin. Je ne saurais dire pourquoi, mais j'ai eu du mal à lire ce roman. J'ai retrouvé un auteur que j'aime mais c'est un roman dur dans lequel j'ai eu du mal à entrer ! Comme à son habitude, John Irving crée un ensemble de grandes et de petites histoires, façonnant les protagonnistes et expliquant leurs actes. Les personnages sont marqués au fer rouge, ils sont tous plus ou moins écorchés et c'est la raison pour laquelle ils nous sont proches, à travers leurs imperfections. Pensons par exemple à Wally, fils de la patronne du lieu, qui reviendra paralysé de la guerre et dont la femme ne saura jamais lequel elle préfère entre lui et Homer (avec qui elle a eut un enfant pendant sa mobilisation). Les personnages de ce roman sont tous meurtris de façon différente. Ce roman est profondément ancré dans un vocabulaire médical, ce qui semble être un hommage au grand-père de l'auteur (médecin). En effet John irving s'est servi des notes de son aîné pour évoquer notamment les césariennes, et rien ne nous est épargné. Beaucoup de belles images traversent ce roman, des femmes qui refusent leur grossesse pour ne pas rendre leur enfant malheureux, aux orphelins qui tentent de se construire sur des bases qui s'effritent, en passant par les médecins, qui se posent des questions sur leur rôle dans l'oeuvre de Dieu.
C'est l'occasion de soulever les thèmes majeurs du roman, à savoir jusqu'à quand peut-on avorter ? Le foetus a t-il une âme ? Ces interrogations sont le fil d'Ariane du roman.
Ce roman est émouvant et complexe. Ici peu de scènes drôles ou cocasses, ce qui expliquent peut-être ma difficulté à en venir à bout.
L'auteur évoque tout au long de son ouvrage trois romans, David Copperfield, Les Grandes espérances, et Jane Eyre. Bien sûr ces livres représentent les orphelins, mais au delà de ça Irving en fait presque une étude philosophique. Ces romans seront lus à plusieurs reprises par les personnages, et on trouvera même plusieurs citations.
Enfin, n'allez pas croire que ce billet est négatif, car j'ai aimé ce roman ! John Irving a une belle plume et sait nous immerger dans des milieux étranges peuplés de gens loufoques, ce qui est aussi le cas ici. La seule ombre au tableau est mon petit coup de mou qui m'a empêché de dévorer ce roman aussi vite que les autres.
L'oeuvre de Dieu, la part du Diable (The Cider House Rules), John Irving, Editions du Seuil, 724 p., 1995. Traduit de l'anglais par Françoise et Guy Casaril. Première publication 1985.
12:13 Écrit par Katia dans Littérature USA | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0)
06.08.2011
Le mensonge, voilà un titre qui ne se verra jamais expliqué !
Ivy mène une existence paisible avec son mari David, qu'elle connaît depuis le lycée. Après deux fausses couches, elle est de nouveau enceinte. À l'occasion d'un vide-grenier, le couple retrouve une camarade de classe, Melinda, qui attend un enfant, elle aussi, et qui semble bien connaître leur maison. Le lendemain, Melinda a disparu ; on retrouve ses vêtements ensanglantés dans une vieille malle devant le domicile du jeune couple, et son sac à main, ainsi qu’un couteau, non loin de l'entreprise de David. Celui-ci est aussitôt arrêté par la police. Ivy, sur le point d'accoucher, décide de mener sa propre enquête. Deux autres cadavres, des photos de David chez Melinda... Mais qui David est-il vraiment ?
Commencé le 26-07-2011
Terminé le 04-08-2011
Ce roman commence lentement, le lecteur se voit présenter un couple, David et Ivy. Les petites anecdotes de la vie à deux font sourire et nous les rendent sympathiques. Cependant il persiste une tension latente, on sait qu'il va se passer quelque chose. En réalité on a le temps de s'endormir avant que l'action ne commence. C'est la critique que je ferais à ce roman, je lui ai trouvé trop de longueurs. Lorsque l'intrigue commence, un soir d'été après un vide-grenier, l'histoire repart, mais un manque de rythme laisse le temps au lecteur de s'ennuyer. Ivy tente de comprendre la vraie nature de son mari, et progresse dans son raisonnement, mais je n'ai pas ressenti beaucoup d'intérêt pour ce mystère. Enfin j'ai trouvé le dénouement bien faible eu égard au suspens qui le masquait. Je veux bien supporter quelques longueurs si le dénouement est génial mais là, un seul mot, déception.
Hallie Ephron, Le mensonge (Never tell a lie), Le Livre de Poche, 2011, 317 pages. Première publication 2009 Harper Collins. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Michèle Valencia
Lu dans le cadre de Prix des lecteurs du Livre de Poche
Juillet 2/2

00:52 Écrit par Katia dans Littérature USA, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0)
07.07.2011
Les lieux sombres, Gillian Flynn
Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans la ferme familiale.La petite fille, qui a échappé au massacre, désigne le meurtrier à la police : son frère, âgé de quinze ans.
Vingt-cinq ans plus tard, alors que Ben est toujours derrière les barreaux, Libby souffre de dépression chronique. Encouragée par une association passionnée par l'affaire, elle accepte pour la première fois de retourner pour la première fois sur les lieux du drame. Et c’est là, dans un Middle West dévasté par la crise économique, qu’une vérité inimaginable commence à émerger...
Commencé le 24-06-2011
Terminé le 06-07-2011
Ce roman est un petit bijou, le lecteur est amené à découvrir une histoire sombre qui s'est produit en 1985. Les éléments apparaissent peu à peu, révélant les protagonistes. Nous suivons Libby, une jeune fille à la recherche de pistes pour élucider le meurtre de toute sa famille. Son frère Ben est en prison, mais beaucoup clâment son innocence, et son père a disparu. Libby est la seule survivante car elle était cachée le soir du massacre, elle a juste entendu la voix du meurtrier. Elle est contactée par diverses associations de passionnés, qui font appel à elle pour étayer leurs diverses théories. Ayant besoin d'argent, elle se prête au jeu, et découvre alors des fanatiques qui ne vivent que pour cette histoire, et qui ont du mal à ne pas s'approprier sa famille. Libby est donc amenée, un peu malgré elle, à revenir sur son passé, et à se remémorer ce soir de 1985 où elle a perdu toute sa famille. Les chapitres alternent entre son avancée actuelle et les événements passés, et le voile se lève peu à peu sur cette sombre affaire. Bien sûr je n'étonnerai personne en disant que les derniers chapitres sont insoutenables de suspens ! J'ai été ravie de cette fin, à laquelle on ne s'attend pas. Le mystère est entier, l'écriture est géniale, les ingrédients sont donc réunis pour passer un bon moment.
Gillian Flynn, Les lieux sombres (Dark places), Sonatine éditions 2010 pour la traduction française, 509 pages. Première publication 2009. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Heloïse Esquié.
Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2011, catégorie polar
Juin 2/3

22:12 Écrit par Katia dans Littérature USA, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0)
24.06.2011
Docteur à tuer
Le Dr Peter Brown est interne dans le pire hôpital de Manhattan. Il a du talent pour la médecine, des horaires infernaux et un passé qu’il préférerait passer sous silence. Qu’il s’agisse d’une artère circonflexe bouchée ou d’un projet machiavélique de procès pour erreur médicale, il connaît le mal qui se tapit dans le cœur des hommes.
Il faut dire que dans une autre vie, il a été Griffe d’ours, tueur à gages pour la mafia. Ce génie du combat rapproché a une relation un peu trop intime avec le programme fédéral de protection des témoins et est plus susceptible de laisser traîner une dizaine de cadavres qu’une molécule de preuve à charge.
Eddy Squillante, son nouveau patient, n’a plus que trois mois à vivre, et peut-être moins, lorsqu’il découvre que sous les traits de son nouveau médecin se cache Griffe d’ours. Avec la mafia, le gouvernement et la mort en personne s’abattent sur l’hôpital, le Dr Brown survivra-t-il aux huit heures qui suivent et saisira-t-il sa dernière chance de rédemption ?
Commencé le 18-06-2011
Terminé le 23-06-2011
Dès la couverture le ton est donné, la radiographie d'un pistolet et de quelques balles nous met sur la voie, ce sera le crime et la médecine. Puis on ouvre le roman et les impressions sont confirmées, on est en compagnie d'un ancien mafieux devenus médecin. Pour tout dire voilà un roman qui a du charme. Le narrateur est aussi connu sous le nom de Peter Brown, ou encore Griffe d'Ours, et cet homme est drôle, décalé et original. Avouez que faire parler un mafieux du milieu médical est assez spécial. Le résultat ? Beaucoup d'humour, de détachement face à la douleur des autres, et en même temps un professionnalisme non négligeable. Sans oublier les notes de bas de page sur lesquelles il ne faut pas passer, elles sont intéressantes et relativement peu conventionnelles. Le fil directeur, on le comprend rapidement, c'est la faucheuse, d'ailleurs les logos séparant les parties à l'intérieur des chapites ne manquent pas de nous le rappeler. Le suspens de la fin va crescendo, et les dernières pages sont insoutenables ! Ce docteur imbattable au combat rapproché, s'avère également un très bon Mc Giver, quelle scène, mais quelle scène !! Voilà un roman que j'ai lu dès la fin de mes épreuves, et qui fut une excellente transition vers les vacances.
Josh Bazell, Docteur à tuer (Beat the Reaper), 2009 Little, Brown and Company, édition Jean-Claude Lattès 2010 pour la traduction française. Traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu.
Lu pour le Prix du Livre de Poche, Polars
Juin 1/3

21:20 Écrit par Katia dans Littérature USA, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0)
02.06.2011
Ce polar aurait-il un rapport avec le jeu vidéo "L. A. Noire" ?
Après un terrible accident, vous avez perdu la mémoire. Vous ne savez plus qui vous êtes. Vous vous rappelez juste votre nom, Danny Landon, et que vous avez de (très) mauvaises fréquentations. Votre boss, par exemple, Bud Seitz, un ponte de la mafia. Comme vos amis, des criminels impitoyables. Selon la rumeur, vous avez aussi un net penchant pour la violence. Pourtant, vous ne vous reconnaissez pas dans le tableau que l'on dresse de vous. Vous n'êtes plus sûr de rien, dans un monde où le doute n'a pas sa place. Plus sûr de rien, sauf de votre attirance pour Darla, la copine de votre boss. Tout cela est de bien mauvais augure, non ? Et vous ne vous doutez pas à quel point toutes les apparences peuvent êtres trompeuses...
Commencé le 26-05-2011
Terminé le 31-05-2011
L'histoire se déroule durant l'abrogation de la prohibition, autant dire que c'est le bordel dans "le milieu". Le narrateur, Danny, semble paradoxalement un personnage mineur. Il est l'un des hommes de main de Bud Seitz, un mafieux. L'intérêt ne réside donc pas dans les faits mais dans la façon dont les perçoit Danny. Etant amnésique suite à des coups sur la tête, il se retrouve immergé dans la mafia, parmi des hommes peu fréquentables, et ne sait plus quelle est sa place. Lorsqu'il essaye d'obtenir des informations sur son passé, on lui ment, ce qui n'arrange rien. Il faut attendre la troisième partie pour s'apercevoir que ce n'est pas un personnage si secondaire, et qu'il est même plutôt proche du haut de la pyramide. On s'attache beaucoup à Danny, qui pourtant n'est pas un saint, et qui a des moeurs pour le moins violentes (que voulez-vous il a un coeur). Le dénouement est prévisible, rien d'étonnant, et on s'en doute depuis le début, mais le plaisir du lecteur est d'arriver à la fin, amené par une très belle plume et beaucoup de style. Ce polar est superbe, aussi bien dans le fond que dans la forme.
Tom Epperson, L. A. Noir (The kind one), première publication Thomson Gale 2008, publication française Le Cherche-Midi 2009, 412 pages. traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Patrick Raynal
Lu dans le cadre du Prix du Livre de Poche, catégorie Polar
Mai 1/2

18:47 Écrit par Katia dans Littérature USA, Prix littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Tags : tinker bell, miaou !, oeufs de serpent à sonnette



